Finul : la Belgique prend la barreLe commandement de la composante maritime de la Finul passe à la marine belge. Pour la première fois, la Belgique commande une force internationale.
Correspondante à Beyrouth C’est sur le pont de la frégate française "De Grasse", amarrée dans le port de Beyrouth, que l’amiral français Jean-Louis Kerignard a transmis dimanche le commandant de la composante maritime de la Force intérimaire des Nations unies au Liban (Finul) à son homologue belge Jean-Thierry Pynoo. La France était en charge de la Finul maritime depuis six mois.
Une source de fiertéPour la première fois de son histoire, la Belgique prend ainsi, pour trois mois, le commandement d’une force internationale. "C’est une grande source de fierté pour la Belgique", estime l’amiral Pynoo, qui va commander la "Maritime Task Force" de la Finul à partir du "Leopold Ier", nouveau navire amiral de cette force. "Ce commandement est une grande responsabilité et un grand honneur", a-t-il ajouté dimanche.
L’amiral Pynoo, 49 ans, a sous sa responsabilité la dizaine de bâtiments que compte la Task Force 448, la force maritime internationale sous mandat de l’Onu déployée après la guerre de juillet 2006 entre le Liban et Israël.
En coopération avec la marine libanaise, cette force maritime onusienne est chargée de surveiller les approches libanaises pour éviter l’importation d’armes par voie maritime à des mouvements libanais comme le Hezbollah. Elle peut, si nécessaire, mener, en collaboration avec les autorités libanaises, des missions d’abordage. Le général Graziano, commandant de la Finul, a rappelé que depuis le début de sa mission, la Maritime Task Force a contrôlé 22000 navires et en a référé 240, suspects, aux autorités libanaises.
Ce n’est pas la première fois que le "Leopold Ier", qui compte 144 membres d’équipage, se trouve au Liban. En septembre dernier, cette frégate avait déjà effectué une mission d’observation, dont la qualité expliquerait le transfert du commandement de la Maritime Task force à la Belgique. "La mission effectuée par le "Leopold Ier" en 2008 n’est pas passée inaperçue", soulignait dimanche l’ambassadeur de Belgique au Liban, Johan Verkammen, sur le pont du "De Grasse". "Il y a quelques mois, le général Graziano a souligné, lors d’une réunion et devant des représentants militaires de plusieurs pays, la qualité du travail réalisé par le "Léopold Ier", notamment en matière d’observation radar", ajoutait-il.
Sur le pont du "De Grasse", le général Graziano a répété dimanche que le "Leopold Ier" était un "atout de grande valeur" pour la Task Force. Aujourd’hui, la priorité de l’amiral Pynoo est "d’assurer qu’aucune arme n’entre illégalement au Liban". "Mais il est également très important pour nous de poursuivre l’entraînement de la marine libanaise. Nous sommes là pour faire en sorte qu’à terme les Libanais parviennent eux-mêmes à remplir cette mission de contrôle".
Mesures particulièresQuant à la sécurité, l’amiral assure que l’équipage a été formé et sensibilisé. En raison de la situation au Liban, qui reste relativement instable, des mesures particulières sont prises. "En escale, notre équipage de gardes à bord est renforcé par une patrouille sur les ponts extérieurs. Nous faisons plus attention que d’habitude", indiquait le capitaine de corvette De Bode. "Ce qui est certain, c’est que nous ne prendrons pas de risques inutiles. Jamais", assurait, pour sa part, l’amiral Pynoo.
Outre le volet maritime, la Belgique contribue également, avec plus de 200 hommes engagés dans des tâches de génie et de déminage, au contingent terrestre de la Finul.
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Surcouf.
"Altum est Regnum Meum"